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Un exemple de théorie du jeu de rôle : LNS Empty Un exemple de théorie du jeu de rôle : LNS

le Mer 16 Jan 2019 - 18:55
Un peu de théorie du jeu de rôle pour commencer l’année ?

On va dire, que vous êtes d’accord :-)

Depuis presque le début du Jdr, des gens ont essayé de conceptualiser notre activité.
Mais ce qui, pour ma part, est le plus intéressant, c’est ce que Ron Edwards a formalisé sous le nom de LNS.

Je ne vais pas vous faire tout l’historique de cette théorie, mais juste essayer d’en résumer les idées centrales.

Le point de départ, c’est d’essayer de comprendre pourquoi certaines parties ne fonctionnent, à partir de la description des attentes des joueurs.

Disons pour faire simple, que si l’on demande à joueur de Jdr ce qu’il recherche dans une partie, il répondra quelque chose qui veut plus ou moins dire : passer un bon moment, s’amuser, se divertir, etc.
Mais nous n’avons pas tous la même façon de nous amuser.
Et c’est là qu’intervient le “LNS”.
Edwards, dans la continuité d’autres avant lui, définit trois attitudes qu’il nomme attente ou attitude créatrice. Ce sont les trois types de moteurs qui anime un joueur durant une partie. La motivation derrière ses propositions, ses contribution à la partie.
Points importants à noter avant de les décrire :
Un même joueur peut adopter plusieurs attitudes, et cela aussi bien d’une partie à l’autre, qu’au sein d’une même partie;
Il n’y a aucun jugement ou classement de valeur dans ces trois types… juste des visions différentes ce qui est amusant/intéressant dans une partie de jdr;
À un moment précis, chaque attitude exclue les deux autres.

L : le Ludisme
C’est l’attitude qui cherche à accomplir une tâche, mener à bien une mission, résoudre un mystère, une enquête, vaincre des ennemis, remplir une quête. La satisfaction est celle du défi relever. On peut s’y féliciter, on y gagne ou on y perd, on réussit ou on échoue. C’est l’attitude dominante dans les jeux de plateau et les jeux vidéo, notamment.

N : le Narrativisme
L’objectif du joueur est de contribuer à une histoire la plus mémorable possible. Rendre la vie de son personnage intéressante, quoi qu’il en coûte. Mourir ? Pourquoi pas si c’est avec panache. Résoudre ou poser des dilemmes moraux. Se trouver confronter à des choix impossibles. Tout ce qui pourra rendre la fiction passionnante.
C’est l’attitude dominante dans le théâtre d’improvisation et les ateliers d’écriture, notamment.

S : le Simulationnisme
C’est la recherche de la reproduction la plus fidèle possible d’une réalité, dans un canon donné. Par exemple, si le canon est celui de l’univers de Tolkien, le joueur va chercher à agir comme s’il était un personnage tiré des romans, en prenant des décisions et en s’exprimant au plus près de ce qu’il sait être la réalité de la Terre du milieu. Il ne prendra en compte pour faire ses choix que ce que ferait un personnage placé dans cette situation dans cet univers donné. C’est aussi l’attitude qui consiste à ne pas laisser les informations méta-jeux interférer dans ses décisions. On simule son personnage en même temps qu’on simule un univers donné.

Ce que Edwards veut d’abord mettre en évidence, c’est que si les joueurs autour de la table poursuivent des buts différents au même moment, cela donne une partie dysfonctionnelle. Au mieux, les joueurs garderont un mauvais souvenir de la partie, de s’y être ennuyé, ou pas amusé. Au pire, ils peuvent s’y disputer !
Au-delà de ce constat, cela donne lieux à des propositions simples pour l’éviter. Par exemple établir en préambule une sorte de “contrat social” dans lequel on se met collectivement d’accord sur une attente commune. Et même encore mieux : cette théorie peut permettre de questionner les systèmes de jeu et la façon dont leurs règles sont écrites, à travers le prisme LNS. A savoir : est-ce que le jeu favorise une attente créative unique et claire, ou au contraire est-ce qu’il entretient la confusion et permet à chacun d’imaginer que ses attentes seront partagées, sans que ce soit a priori vérifiable.

Voilà, j’ai essayé de résumer cela simplement, mais je ne sais pas si j’ai été clair.
Mais comme c’est un forum, on peut en discuter :-)

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à vous renseigner sur l’histoire du forum américain The Forge (fermé depuis longtemps) dont sont issus pas mal de théoriciens qui ont compté et.ou comptent toujours.
Pour lire les articles (attention, certains sont très longs !), en vf, je vous conseil le site francophone ptgptb (place to go, people to be), qui a fait un énorme boulot de traduction !
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